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Sonde BRGM dans le fleuve Kourou (Guyane, 2012). © BRGM - Anita Slansky

Zone de captage d’eau du fleuve Kourou : détection et suivi des produits phytosanitaires

08.10.2019
Cette étude a permis de déterminer l’impact des activités agricoles sur la qualité des eaux au niveau de la prise d’eau brute de Matiti sur le fleuve Kourou dans une optique de gestion durable de la ressource.

Préparation des POCIS et MIP dans le Kourou à Kourou (Guyane). © Maxime Lhotelin

Le besoin

En Guyane, au niveau de la prise d’eau de Matiti, sur le fleuve Kourou, on retrouve différentes substances dangereuses qui sont, pour certaines, identifiées dans le cadre du suivi réglementaire alors même que, pour d’autres, l’usage en est réglementairement interdit. Il est nécessaire de pouvoir déterminer d’une part leur présence et leur quantité dans l’eau captée, et d’autre part l’impact que peuvent avoir les activités agricoles de la zone concernée.

Les résultats

Installés dans des cages, des échantillonneurs passifs POCIS et MIP, élaborés par le laboratoire du BRGM, ont été placés dans les affluents qui drainent les zones de cultures se jetant dans le Kourou, en amont des criques et au niveau de la station de captage. Ces dispositifs contiennent une phase solide adsorbante contenue entre deux membranes microporeuses semi perméables, ce qui permet de détecter les flux de polluants en accumulant des contaminants organiques polaires (hydrophiles) à très faible dose présents en phase aqueuse. Ces deux dispositifs jouent le même rôle mais ne ciblent pas le même groupe de substances. Deux campagnes ont été réalisées, la première en saison sèche et la deuxième en saison des pluies avec une durée d’exposition variant de trois à quatre semaines.

Si en saison sèche, aucune trace de produits phytosanitaires n’a été relevée, lors des saisons des pluies, des traces de glyphosate et de duiron ont été retrouvées, montrant l’éventuel drainage des terrains agricoles par les eaux de pluie et/ou l’utilisation de produits phytosanitaires afin de limiter le développement des champignons et des plantes invasives. Les concentrations de ces substances dans l’eau ont pu être calculées à partir des quantités relevées sur les membranes. Les traces de glyphosates sont entre 4,2 et 15,7 ng/l selon les stations, tandis que le diuron n’a été retrouvé que sur une des stations placées dans un affluent du Kourou, à 0,8 ng/l. Etant donnée la courte durée d’exposition, il est probable que les concentrations réelles varient au cours du temps en fonction de l’intensité des pratiques agricoles ou des précipitations drainant les produits phytosanitaires. On observe également une augmentation des concentrations d’amont en aval, probablement due aux apports latéraux au niveau des criques qui charrient le glyphosate (de 7,9 ng/l pour la station la plus en amont à 15,5 ng/l pour la plus en aval). De plus, il est probable que du glyphosate soit présent en amont des zones agricoles, au vu des traces retrouvées dans cette station. Parallèlement à cette méthode de suivi, des prélevements ponctuels ont permis de mettre en évidence des traces d’atrazine (27 ng/l). Pour rappel, la Directive Cadre sur l’Eau fixe à 0,1 microgramme (soit 100 nanogrammes) par litre la limite de qualité par rapport à la présence de pesticide dans l’eau potable.

L’utilisation

La mise en évidence de traces de ces phytosanitaires dans ces fleuves grâce à la méthode de suivi des échantillonneurs passifs constitue une première en Guyane. La poursuite de cette étude, avec un renouvellement de campagnes sur un plus grand nombre de stations, apparait pertinent afin de mettre en évidence l’évolution de ces polluants et identifier d’autres sources de pollution en amont.

Ils en parlent

« L’unité de traitement, de production et d’alimentation en eau potable de Matiti sur le fleuve Kourou, est un véritable outil stratégique pour la Communauté d’Agglomération du Centre Littoral pour assurer la desserte en eau de qualité sur son territoire. La forte pression démographique guyanaise représente à elle seule un défi majeur à relever pour la collectivité. Il est donc évident pour la CACL que la surveillance et la préservation des ressources en eau est au cœur de ses préoccupations quotidiennes. Le partenariat entre la CACL et le BRGM pour l’étude et le suivi des phytosanitaires sur le fleuve Kourou s’inscrit dans cette démarche de maintien de la qualité du service apporté à l’ensemble des usagers du service d’eau potable. »

Nicolas Noël, Service eau potable, Communauté d’Agglomération du Centre Littoral (CACL)

Installation des POCIS et MIP dans le Kourou à Kourou (Guyane). © Maxime Lhotelin

Les partenaires

Communauté d’Agglomération du Centre Littoral                                                                                                                                                

 

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